🌿 La Route des Contrebandiers : les chemins qui ont uni la faim et la frontière
Chaque montagne qui entoure Casa Angiz a une seconde histoire sous celle, touristique : celle des habitants qui, pendant une bonne partie du XXe siècle, franchissaient ces mêmes sommets de nuit, chargés, pour que leurs familles puissent manger.
Quand vous vous promenez aujourd’hui à Etxalar, montez au col d’Otsondo ou flânez dans Zugarramurdi, il est facile de ne pas remarquer que vous marchez littéralement sur les mêmes sentiers que plusieurs générations de contrebandiers ont utilisés pour faire passer des marchandises — et, dans les années les plus dures, des personnes — entre la Navarre et le Pays basque français. Ce n’est pas un itinéraire au sens d’un seul chemin balisé du début à la fin, mais un réseau de sentiers, de cols de montagne et de villages témoins que l’on peut aujourd’hui parcourir par morceaux, tranquillement, ou d’une traite si vous osez vous lancer dans le grand parcours complet.
| 📍 Emplacement | Réseau de sentiers et de cols de montagne du Baztán-Bidasoa et de la vallée de Xareta, de part et d’autre de la frontière entre la Navarre et le Pays basque français |
| 🚗 Depuis Casa Angiz | Les premiers tronçons commencent à 10-20 minutes (Etxalar, Zugarramurdi, Elizondo) ; si vous voulez entreprendre la traversée complète (Kontrabandistak Bidea), le point de départ habituel se trouve à Hondarribia |
| 🧭 Ce que cela inclut | Les cols d’Otsondo, Lizarrieta et Ibardin, les sentiers d’Etxalar, Amaiur, Irurita et Elizondo, ainsi que le tronçon de la vallée de Xareta que vous connaissez déjà de Ainhoa et Sare |
| 👨👩👧 Idéal pour | Quiconque souhaite une balade courte et bien balisée ; les randonneurs expérimentés s’ils se lancent dans la traversée complète de plusieurs jours |
| 📅 Meilleure période | D’avril à novembre ; les cols de montagne peuvent avoir de la neige ou du verglas en hiver |
| 🥾 Difficulté | Très variable : d’une promenade plate d’une heure à une traversée de 7 étapes et plus de 150 km avec fort dénivelé |
| 🌐 Plus d’infos | Kontrabandistak Bidea — sentier officiel du Bidasoa |
🎯 Façons de vivre la Route des Contrebandiers
🥾 La version courte : la Route du Cheval Bleu dans la vallée de Xareta
Si vous voulez seulement effleurer le sujet sans y consacrer toute la journée, le tronçon le plus accessible est celui que nous avons déjà présenté dans l’article sur Sare : la « Balade des Pottoks Bleus », qui relie à pied Ainhoa, Sare, Zugarramurdi et Urdazubi-Urdax en franchissant la frontière plusieurs fois sans presque s’en rendre compte. C’est exactement le type de passage qu’utilisaient les contrebandiers de la vallée de Xareta.
🏔️ Le col d’Otsondo, belvédère et frontière naturelle de la vallée
Avant qu’il n’y ait une route asphaltée, Otsondo était déjà le passage obligé entre l’intérieur du Baztán et le versant du Bidasoa. Aujourd’hui, on le traverse en voiture en cinq minutes, mais cela vaut la peine de s’arrêter au belvédère : de là, on comprend d’un coup d’œil pourquoi cette zone fut un territoire de contrebande pendant des générations.
🇫🇷 Les cols de Lizarrieta et d’Ibardin, route de Sare et de Dantxarinea
Au nord, les cols de Lizarrieta et d’Ibardin remplissaient la même fonction qu’Otsondo, mais en passant déjà en France. Aujourd’hui, Ibardin est surtout connu pour ses ventas et ses restaurants, et tout près, à Dantxarinea, il existe toujours ce va-et-vient commercial transfrontalier — même si, désormais, il est légal et se fait avec un caddie de supermarché au lieu d’une charge sur l’épaule —.
🥾 La traversée complète : Kontrabandistak Bidea / Sentier des Contrebandiers du Bidasoa
Pour ceux qui veulent prendre cela au sérieux, il existe une traversée de longue distance en 7 étapes (environ 150-176 km selon la variante) qui part de Hondarribia et traverse, entre autres, Arantza, Beintza-Labaien, Irurita, Erratzu, Elizondo et Etxalar avant de boucler la boucle. Elle traverse des espaces naturels protégés comme les zones humides de Txingudi, le parc naturel d’Aiako Harria et le SIC de Belate, en passant près de sommets comme le Mendaur.
🏘️ Etxalar, le village le plus lié à cette histoire
De tous les villages de la vallée, Etxalar est probablement celui qui est le plus associé à la contrebande : ses montagnes furent le théâtre de contrebande transfrontalière pendant une bonne partie du XXe siècle. Se promener dans ses rues, avec ses maisons armoriées et ses balcons en bois, c’est aussi parcourir cette mémoire.
🐦 Les palombières : une autre tradition de frontière et de montagne
Etxalar et Sare partagent plus que l’histoire de la contrebande : ils partagent aussi la chasse traditionnelle aux palombes « en écran », avec filets et disques de bois, sur les mêmes sommets qui servaient autrefois à faire passer des marchandises. Elle se pratique entre fin septembre et mi-novembre, lorsque les palombes traversent les Pyrénées lors de leur migration vers le sud.
🕯️ Ce qui était vraiment contrebandé (et comment on le cachait)
Entre 1940 et 1970 surtout, la contrebande dans le Baztán-Bidasoa cessa d’être un commerce de luxe pour devenir une pure question de survie : pain, sucre, vêtements, dentelles et café traversaient la frontière cachés de mille façons. Le café, racontent ceux qui l’ont vécu, était l’un des produits les plus délicats à faire passer : son odeur pouvait trahir celui qui le portait bien avant de voir la Guardia Civil.
Les méthodes étaient aussi ingénieuses que désespérées : semelles de chaussures sculptées à l’envers, ou en forme de sabot de vache, pour tromper sur la direction de la marche ; doubles fonds dans les voitures et les charrettes ; troupeaux entiers de bétail légitime utilisés pour camoufler la cargaison illégale. Les fermes accolées à la ligne frontalière, avec une porte dans chaque pays, faisaient le reste.
Casa Angiz se trouve au cœur de ce territoire, et ce n’est pas un hasard si, dans le Baztan-Bidasoa, on continue d’organiser des excursions qui recréent cette mémoire : l’article Lan Gaua de Contrabandistas, que nous avions déjà écrit à l’époque, raconte à quoi ressemblait cette « nuit de travail » devenue aujourd’hui une marche populaire nocturne. Il convient de vérifier les dates de chaque édition avant de s’inscrire, car elle n’a pas lieu chaque année dans les mêmes conditions.
👣 Notre expérience avec cet itinéraire
Nous aimons le présenter non pas comme « une excursion », mais comme un fil qui relie presque tous les villages que nous recommandons déjà séparément. Un bon programme d’une journée consiste à monter à Otsondo, redescendre vers Elizondo ou Irurita, manger quelque chose et revenir par Etxalar ; si la journée le permet, on peut prolonger jusqu’à Zugarramurdi ou Sare et boucler le cercle de Xareta.
Ce que nous aimons le plus raconter à nos hôtes, c’est que ce n’est pas un itinéraire « thématique » inventé pour les touristes : c’est une histoire vraie, racontée par de vraies personnes, et cela se sent dans la manière dont on en parle dans les villages de la vallée.
🍽️ Où manger après la randonnée
Etxalar et Elizondo offrent un bon choix de cidreries et de restaurants proposant une cuisine traditionnelle de la vallée : haricots rouges de Bera, agneau, et en saison, palombe préparée de façons très différentes selon la maison. Si la promenade se termine près de Zugarramurdi ou de Sare, vous pouvez aussi finir avec une part de gâteau basque, comme nous le racontions dans l’article sur Sare.
🌱 Un paysage qui se préserve parce qu’on en prend soin
Une bonne partie de ces sentiers traverse des propriétés privées, des fermes habitées et des zones de pâturage. Restez sur les chemins balisés, refermez les barrières que vous trouvez ouvertes (ou l’inverse, selon leur position) et évitez de vous approcher du bétail. C’est aussi un terrain de chasse en saison de palombières, il est donc conseillé de se renseigner avant de partir à ces dates.
🏡 Votre base idéale : séjournez à Casa Angiz
Sunbilla se trouve en plein cœur du Baztán-Bidasoa, à deux pas de presque tous les villages et cols de montagne qui font partie de cette histoire, ce qui fait de Casa Angiz Etxea un point de départ parfait aussi bien pour de courtes promenades que pour vous lancer dans un long tronçon du sentier.
- 🚗 À moins de 20 minutes d’Etxalar, Zugarramurdi, Elizondo et Irurita.
- 🌲 Appartements ruraux de charme en pleine nature, entourés de forêt et de rivières.
- ☀️ Hébergement durable, avec énergie solaire et aérothermie.
- 🥾 Idéal comme base logistique pour une traversée par étapes : vous laissez la voiture et revenez dormir confortablement chaque soir.
- 👨👩👧👦 Beaucoup d’espace pour les familles et les groupes, avec cuisine équipée.
- 🗺️ Point de départ aussi pour Ainhoa, Sare et les Grottes de Zugarramurdi.
- 💬 Accueil chaleureux et conseils de première main sur les tronçons à faire selon votre niveau.
❓ Questions fréquentes sur la Route des Contrebandiers
Est-ce un itinéraire balisé du début à la fin ?
Cela dépend du tronçon. La longue traversée (Kontrabandistak Bidea) combine des sections de GR bien marquées avec d’autres presque sans balisage, il est donc conseillé d’emporter un GPS ou une carte. Les tronçons courts près des villages — comme la Route du Cheval Bleu à Xareta — sont, eux, bien indiqués.
Combien de temps faut-il pour la faire en entier ?
La traversée complète se fait généralement en 7 étapes, soit environ 150-176 km selon la variante choisie. Il n’est pas nécessaire de la faire en entier : on peut la découper en sorties d’une journée en combinant des villages comme Elizondo, Irurita, Amaiur et Etxalar.
Est-elle adaptée aux enfants ?
Les tronçons courts près des villages, oui, surtout la Route du Cheval Bleu dans la vallée de Xareta. La longue traversée, avec plus de 1 000 m de dénivelé par étape, est pensée pour des randonneurs expérimentés.
Traverse-t-on la frontière avec la France sans s’en rendre compte ?
Oui, plusieurs fois sur certains tronçons, sans contrôle frontalier puisque les deux pays font partie de l’espace Schengen. Il est toutefois conseillé d’avoir une carte d’identité ou un passeport en cours de validité.
Quelle est la meilleure période pour la parcourir ?
Du printemps à l’automne. En hiver, les cols de montagne peuvent être enneigés ou verglacés, et les journées sont plus courtes pour terminer de longues étapes en toute sécurité.
Faut-il réserver quelque chose ou payer un droit d’entrée ?
Non, les sentiers sont en accès libre. La seule activité nécessitant une inscription est la marche populaire « Lan Gaua », organisée ponctuellement, et il convient de vérifier si elle est toujours active chaque saison.
D’où part le tronçon le plus proche de Casa Angiz ?
Etxalar, Zugarramurdi et le col d’Otsondo se trouvent à 10-20 minutes en voiture depuis Sunbilla, et ce sont les points de départ les plus pratiques pour un premier contact avec l’itinéraire.
